La solitude du bonsaï

Roman, Arthaud, 244 pages, 2019

Après trente ans d’une carrière diplomatique sédentaire sans gloire ni démérite, alors que son corps a gagné en embonpoint et que sa pression artérielle commence à lui jouer des tours, Pierre Tonneau, proche de la soixantaine, cède à l’appel du large et quitte une vie sans relief à Paris pour occuper le poste de consul général à Kyoto au Japon. Célibataire endurci, il tombe sous le charme d’une bibliothécaire souriante qu’il épouse. Après quelques années de bonheur, le tsunami de 2011 les pousse à quitter le Japon.

Sur les conseils de Kimiko, sa femme, Tonneau postule pour Calcutta, la plus délirante métropole indienne. Ce choix fatal va bouleverser son existence et l’Inde déverser sur lui le fracas de son exubérance. S’ensuit une cascade d’aventures calamiteuses ou rocambolesques, auxquelles le couple Tonneau aura bien du mal à résister.

Extrait :

"Pierre Tonneau et Dame Kimiko atterrirent mi-septembre à l'aéroport Netaji Subhash Chandra Bose. Il avait fallu se résoudre à quitter les lieux aimés, à se déprendre des pins et des reflets, à s'arracher à la jaspure des collines et à la transparence de l'air - à faire le deuil du Japon qui était devenu pour Pierre Tonneau une part irréductible de lui-même, et comme sa terre d'élection. Cet arrachement, se dit-il, avait dû être encore plus douloureux pour Dame Kimiko qui quittait pour la première fois l'archipel. Celle-ci, cependant, n'en laissa rien paraître et prit même le parti de voyager léger - si l'on excepte le bonsaï. C'était une aubépine d'une trentaine de centimètres, aux feuilles lustrées, au tronc musculeux, et qui donnait des fleurs roses à l'odeur délicate. Dame Kimiko, qui en prenait grand soin, n'avait pas eu le coeur de s'en défaire. Voyant son désarroi, Pierre Tonneau lui avait conseillé de l'emporter. L'arbuste avait pris place pour le voyage dans une boîte à chapeau Louis Vuitton"

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