My favorite things. Le tour du Jazz en 80 écrivains.

My favorite things. Le tour du Jazz en 80 écrivains
Collectif
Editions Alter Ego
, 2013
Couverture créée par Pierre Alechinsky

Ils sont 80 écrivains, romanciers, poètes, auteurs de polar, essayistes, philosophes, hommes, femmes, toutes générations et genres confondus. Chacun d’entre eux a choisi un album de jazz qui l’a marqué et a écrit un texte libre dessus. A la manière d’un big band, ce livre collectif inédit, à la fois singulier et pluriel, réunit 80 auteurs qui, en toute liberté, expriment leur amour du jazz.

Avec Michel Butor, Martin Winkler, Gérard Mordillat, Vincent Duteurtre, Bernard Chambaz, Zeno Bianu, Yves Buin, Georges Didi-Huberman, Gérard Genette, Sylvie Kandé, Michel Le Bris, Luc Lang, Francis Marmande, Jean-Luc Nancy, Nimrod, Martin page, Alain Pailler, Jacques Réda…

Au sein de ce recueil Sébastien Ortiz a écrit un texte sur l’album « Jasmine » de Keith Jarrett et Charlie Haden.

Extrait de la préface :

« De ce qu’il est un maître dans le maniement du langage, on infère souvent que l’écrivain aurait, sur toute chose, son mot à dire — à écrire. Baudelaire, lui, n’attribue pas à leur aisance avec le verbe la capacité des poètes à produire des vues intéressantes sur les divers objets du monde, mais à l’imagination, cette « reine des facultés » qui, « grâce à sa nature suppléante », permet à un Alexandre Dumas qui ne s’y entend guère et que l’on n’attend pas sur ce terrain, de rendre le plus spirituel, le plus pertinent des hommages à Delacroix. Virtuosité avec les mots ? Imagination ? Toujours est-il qu’à peine né, le jazz a suscité l’attention des écrivains. » (Yannick Seité)

Ce qu’on en a dit…

« Un bon livre, qui donne envie d’écouter de la musique, à emporter sur les festivals de l’été. »
Philippe Méziat, Citizen Jazz.

« On retiendra de ces multiples témoignages que ces auteurs envient aux jazzmen la liberté, l’individualité du timbre, la faculté de se lancer dans l’improvisation.
Sans être experts (il y a cependant dans la liste des critiques confirmés de cette musique), ces fans éprouvés de la Great Black Music projettent leurs élans du cœur et de l’âme dans des mots, des phrases tout ensemble spéculatifs, nostalgiques, intuitifs. Au seuil de cet itinéraire, traversée du pays du jazz, anthologie très spéciale, on entre dans l’intimité de textes, parfois surprenants, souvent émouvants, teintés d’une nuance autobiographique indéniable.
 (…) En choisissant sans regret « seulement » 80 albums, ce tour du jazz évite la monotonie de la chronologie, bouscule pacifiquement les genres et époques. Il me reste une suggestion à faire à chaque lecteur, qu’il fasse à son tour, non pas sa propre liste (trop facile) mais le choix unique de l’ album qui l’a marqué à jamais. »
Sophie Chambon, Les Dernières Nouvelles du Jazz.

« Certaines personnes détiennent le don de catalyser. Celui de provoquer les créations. De susciter l’apparition de concepts et de formules qu’attendait une matière pour circuler sur le chemin des esprits. On peut indiscutablement recenser le journaliste Franck Médioni parmi la catégorie. Dans My Favorite Things – Le Tour du Jazz en 80 écrivains, le producteur de l’émission JAZZISTIQUES a sollicité des écrivains, poètes, romanciers, essayistes, auteurs de polars de toutes générations. Consigne : écrire sur un disque qui les a marqués. Et ainsi célébrer leur amour du Jazz. Quelques figures attendues nous régalent, comme Francis Marmande (proustien), Eric Sarner (voluptueux), Marc Villard (noir) et Gérard Mordillat (lumineux), Alain Pailler (oxymorien). De féériques cadeaux émergent d’écrivains moins attendus, comme l’apparition des Anges de la poétesse Oscarine Bosquet, autour des Village Concerts d’Albert Ayler. Une nouvelle fantastique (ciselée lovecraftienne) de Luc Lang, intitulée Leçon de Ténèbres, éveille le frisson au coeur d’Alone, le CD de Marc Copland.
Dans la préface, Yannick Séité se demande pourquoi aucun des 80 n’a choisi Lester Young ni Miles Davis… alors que trois prétextes fleurissent sur Olé de John Coltrane? Lester d’un autre monde, Miles excessivement de celui-ci, n’auraient marqué aucun des élus? On perdrait les secondes à creuser. Je préfère méditer la phrase extraite du texte de Sylvie Kandé, à partir du Köln Concert de Keith Jarrett. L’auteur de La Quête infinie de l’autre Rive cite le propos de Chip à Hyeronymus Falk, héros du roman de Esi Edugyan, Half-Wood Blues : « Ce vide brutal que j’ai trimballé toute ma vie, c’est par rapport à la beauté de ta sacrée musique. D’en être privé j’ai toujours senti ma solitude ». Une définition recevable de l’amour. »
Bruno Pfeiffer, Libération