Mektoub à la plage
18 mars 2019


Un hasard a fait que, la semaine où je voyais enfin « Mektoub My Love » (2018) d’Abdellatif Kechiche, pur chef d’oeuvre scandaleusement oublié lors de la dernière cérémonie des Césars, Arte rediffusait les « Contes des quatre saisons » d’Eric Rohmer. Mettre côte à côte le film de Kechiche et « Conte d’été » (1996) de Rohmer n’est pas inintéressant. A première vue, tout les oppose. D’un côté un film irradié de soleil, une ode aux corps intrinsèquement méditerranéenne, d’un naturalisme rarement vu au cinéma grâce à une direction d’acteur exceptionnelle (je n’ai pas vu passer ses 3 heures et ai vécu la projection comme si j’avais la vraie vie sous les yeux). De l’autre, au contraire, un film davantage baigné de contrastes, plus atlantique, plus cérébral, privilégiant un jeu d’acteurs plus artificiel, davantage dans la retenue que dans l’effusion. Et pourtant, dans les deux films, le marivaudage est le même, porté à chaque fois par des dialogues fournis. Si bien que les différences patentes d’approche entre les deux cinéastes finiraient presque par s’annuler dans une célébration identique du verbe et de la jeunesse.



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