Archive pour mars 2019
Dernière ligne droite
31 mars 2019

En exclusivité, le couverture de mon prochain roman, « La solitude du bonsaï ». Celui-ci sortira au début du mois prochain chez Arthaud.



Une déception nippone
25 mars 2019

Plusieurs amis m’avaient conseillé ce volumineux roman (522 pages) de Ryû Murakami, paru en 1980 au Japon et traduit seize ans plus tard dans notre pays. La quatrième de couverture, alléchante, vantait « une imagination foisonnante évoquant les romans de Gabriel Garcia Marquez ». Eh bien, nous en sommes loin et je me suis bien embêté à la lecture de ce pavé qui relève plus du punk (No future !) que du réalisme magique. Le point de départ était pourtant intéressant : suivre le destin croisé de deux nourrissons abandonnés dans une consigne automatique – l’un devient un voyou féru de saut à la perche, l’autre, plus introverti, une star névrosée de la chanson. Hélas, le style est plat (la faute à la traduction ?). L’imaginaire est pauvre et se complaît dans la crasse, le glauque et le morbide. Et les personnages sont trop excessifs – ou trop caricaturaux – pour provoquer l’adhésion. C’est donc, très largement, du grand n’importe quoi.



En Sicile avec Lawrence Durrell
22 mars 2019





Il y a quelques mois, j’ai effectué un tour de la Sicile avec Lawrence Durrell – ou plutôt, avec sa chronique de voyage intitulée « Le Carrousel sicilien ». C’est loin d’être le meilleur livre de l’auteur britannique mais il demeure réjouissant de le suivre dans sa pérégrination, à la fois caustique, érudite et amoureuse. J’ai effectué une boucle antihoraire en partant de Palerme ; lui est arrivé à Catane et est reparti de Taormine. Son voyage, à l’été 1976, en compagnie d’autres touristes hauts en couleur compressés à bord d’un petit autocar rouge, lui permet d’égrener le chapelet de toutes ces antiques cités dont les sonorités feront toujours rêver (Syracuse, Sélinonte, Erice, Ségeste…) et l’histoire fascine. C’est aussi l’occasion pour lui de se replonger dans les lettres siciliennes qu’une de ses amies, décédée, lui adressait alors qu’il vivait à Chypre. Ah, Méditerranée, quand tu nous tiens !..



Mektoub à la plage
18 mars 2019


Un hasard a fait que, la semaine où je voyais enfin « Mektoub My Love » (2018) d’Abdellatif Kechiche, pur chef d’oeuvre scandaleusement oublié lors de la dernière cérémonie des Césars, Arte rediffusait les « Contes des quatre saisons » d’Eric Rohmer. Mettre côte à côte le film de Kechiche et « Conte d’été » (1996) de Rohmer n’est pas inintéressant. A première vue, tout les oppose. D’un côté un film irradié de soleil, une ode aux corps intrinsèquement méditerranéenne, d’un naturalisme rarement vu au cinéma grâce à une direction d’acteur exceptionnelle (je n’ai pas vu passer ses 3 heures et ai vécu la projection comme si j’avais la vraie vie sous les yeux). De l’autre, au contraire, un film davantage baigné de contrastes, plus atlantique, plus cérébral, privilégiant un jeu d’acteurs plus artificiel, davantage dans la retenue que dans l’effusion. Et pourtant, dans les deux films, le marivaudage est le même, porté à chaque fois par des dialogues fournis. Si bien que les différences patentes d’approche entre les deux cinéastes finiraient presque par s’annuler dans une célébration identique du verbe et de la jeunesse.