Joséphine
16 janvier 2019



Après la réussite qu’avait constitué son « Kiki de Montparnasse » en 2007, que j’avais beaucoup aimé, puis un « Olympe de Gouges » en 2012, le duo Catel & Bocquet s’est attaqué, dans une récente (2016) et très exhaustive biographie graphique, à une autre figure de femme forte, la grande Joséphine Baker. En plus de 450 pages, on y suit le destin exceptionnel, présentant autant de facettes que la boule du même nom, d’une femme de tête tour à tour enfant pauvre dans le Sud ségrégationniste, épouse précoce, saltimbanque, danseuse d’une troupe itinérante, star du music-hall et coqueluche du tout-Paris des Années Folles, amante multiple (dont Simenon et Le Corbusier !), résistante, philanthrope, mère adoptive d’une tribu arc-en-ciel de douze orphelins, égérie de l’émancipation des Noirs en Amérique, star mondiale sur le retour, vieille dame percluse de dettes. Quel destin ! J’ai appris beaucoup de choses que j’ignorais sur une figure faisant partie de notre patrimoine culturel mais dont, finalement, comme la plupart, je ne savais pas grand-chose. Le dessin en noir et blanc de Catel est léger et riche à la fois et contribue à l’attachement que l’ont ressent pour la jolie Joséphine, dessinée depuis son enfance jusqu’à sa vieillesse. On sent qu’une documentation importante a été nécessaire à la rédaction d’une telle somme. Celle-ci, d’ailleurs, se clôt par plus de 80 pages de notices biographiques très intéressantes où se croisent certaines des plus grandes figures du XXème siècle, dont Joséphine a croisé le chemin.



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