D’un best seller bien lisse
24 novembre 2018

Je viens de finir un livre mythique vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde, qui a obtenu le prix Pulitzer en 1961 et qui, selon plusieurs sondages, est le livre préféré des Américains. Et pourtant, à la lecture de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee, je n’ai pu m’empêcher de me dire que le livre valait plus par son intérêt documentaire (la ségrégation dans le sud des Etats-Unis au moment de la Grande Dépression) que par des qualités proprement littéraires. D’abord, le livre est trop long, truffé de digressions et de dialogues inutiles. Ensuite, il choisit le point de vue d’une petite fille, surnommée Scout, mais échoue à nous conférer l’illusion que c’est elle qui parle quand bien même l’auteure utilise la première personne du singulier. Le Momo de La vie devant soi, par exemple, est autrement plus convaincant ! Et puis il y a ce manichéisme facile, ces bons sentiments qui dégoulinent avec notamment ce père, Atticus, si irréprochable moralement, qui s’oppose à un bouseux raciste. Le résultat est que l’on a assez vite l’impression de visionner l’un de ces films au service des valeurs morales que produisait à tour de bras Hollywood dans les années 1950. Bref, c’est un peu court.



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