Archive pour août 2018
Parmi les geishas
31 août 2018

Avec son livre Les geishas (Arléa 1988, réédité en 2010), le grand reporter Robert Guillain (1908-1998), qui a passé quarante ans de sa vie en Asie, nous offre une incursion rare dans ce « monde des fleurs et des saules » qui sert de sous-titre à son livre. Ce n’est ni un roman, ni un essai, mais une promenade dans les souvenirs nippons d’un homme qui, sans céder jamais ni à l’exotisme facile ni au didactisme pesant, consent à partager son amour pour ces gardiennes d’une tradition unique en son genre et souvent mal comprise. Les geishas et les maiko que l’on croise au fil de ces souvenirs sont attachantes et le livre fourmille d’anecdotes vécues que l’on se prend à envier tant cet univers nous paraît, à nous, impénétrable.
C’est un monde éphémère et flottant dont un auteur ancien, cité par Guillain, décrit ainsi l’esprit : « Vivre avec le moment, regarder la lune, la neige, les fleurs et les feuilles d’automne, aimer le vin, les femmes et les chants, et se laisser aller dans le courant de la vie comme la gourde creuse qui descend l’eau du fleuve.« 



Thyeste ou l’ivresse de la vengeance
20 août 2018

Je n’étais pas en Avignon cette année. J’ai donc raté le « Thyeste » de Thomas Jolly donné dans la Cour d’honneur du Palais des papes. Qu’à cela ne tienne : grâce à la magie du replay, j’ai pu voir il y a quelques jours la captation du spectacle et comprendre un peu mieux les raisons de l’engouement suscité par le travail de ce jeune metteur en scène. Le spectacle est très impressionnant et Jolly coche toutes les cases, comme on dit, de ce qui fait un succès théâtral : un texte puissant (une tragédie de Sénèque), des comédiens faisant corps avec leur rôle (dont T. Jolly dans le rôle principal), des costumes et des décors flamboyants, un rythme soutenu, une ambiance musicale convaincante (forcément sombre, ici) et d’intelligentes trouvailles de mise en scène (en 2018, le choeur antique slame par la voix d’une comédienne inspirée !) Je regrette de n’avoir pu assister au spectacle en live mais sa captation lui fait parfaitement honneur.



Contemplation
13 août 2018

À Libération qui, en 1985, l’interrogeait sur les raisons pour lesquelles il écrivait, l’écrivain britannique V. S. Naipaul, disparu avant-hier, faisait la réponse suivante, que je trouve très juste :

« Ne pas écrire, c’est ne pas contempler ; ne pas contempler, c’est se révéler incapable d’extraire le sens réel, la pleine valeur de son expérience ; c’est laisser la vie, le temps, s’écouler sans avoir de signification.« 



La solitude du bonsaï
5 août 2018


Je suis très heureux d’annoncer la sortie aux éditions Arthaud, au début de l’année 2019, de mon prochain roman, intitulé : « La solitude du bonsaï ». J’en reparlerai bien sûr le moment venu. Encore un peu de patience !