Archive pour août 2017
Avignon 2017
11 août 2017

J’ai eu la chance de passer une semaine au Festival d’Avignon (mon dernier séjour remontait à 1999 !). Comme il y a dix-huit ans, j’ai adoré de pouvoir me laisser porter par la promesse des affiches qui tapissent la ville ou convaincre par les sympathiques distributeurs de flyers qui m’interpellaient dans la rue ou se fichaient devant moi à la terrasse des cafés pour faire l’article sur le spectacle dans lequel, souvent, ils jouaient eux-mêmes. Il y eut bien sûr la foule et la chaleur mais au final je serai tout de même parvenu à voir environ 25 spectacles au sein d’une offre plus que pléthorique (1480 spectacles différents !).
J’ai fait de belles découvertes dans le OFF, comme Livret de famille d’Eric Rouquette, La tempête de Shakespeare par la compagnie « Les Têtes de Bois », un Huis Clos par la compagnie « Les Eclats de Lettre » ou encore Les règles du savoir-vivre dans la société moderne de Jean-Luc Lagarce par la compagnie « Du Jour au Lendemain ».
C’est dans le IN que j’ai vu les deux spectacles les plus mauvais de mon festival (La Fiesta de l’Espagnol Israel Galvan et The Last King of Kakfontein du Sud-Africain Boyzie Cekwana) mais aussi les deux meilleurs : The Great Tamer du Grec Dimitris Papaionnou et Ibsen Huis de l’Australien Simon Stone. Le premier m’a bluffé par son inventivité de chaque instant, son audace, son incroyable poésie au sein d’une performance de pure mise en scène. Ibsen Huis pour sa part proposait un dispositif extrêmement original : au centre de la cour du lycée Saint-Joseph avait été construite une maison en bois aux grande baies vitrées qui tournait sur elle-même laissant voir des tranches de vie différentes d’une seule et même famille sur plus de quarante ans avec ses déchirements, ses non-dits. L’effet était saisissant et la durée du spectacle (4 heures) ajoutait au vertige spatio-temporel. Après l’entracte, la maison, au coeur du dispositif narratif, était même démontée ce qui permettait de figurer sa phase de construction dans les années 1960 comme sa phase de reconstruction en 2017. Les comédiens hollandais étaient excellents et je n’ose imaginer les difficultés auxquelles le metteur en scène a du se confronter pour monter une telle oeuvre. Chapeau bas !

THE GREAT TAMER (2017) / a new work by Dimitris Papaioannou / trailer from Dimitris Papaioannou on Vimeo.