Archive pour mars 2017
Les yeux ouverts
30 mars 2017

Marguerite Yourcenar a accordé à Matthieu Galey des entretiens publiés en 1980 sous le beau titre de Les yeux ouverts qui sont éblouissants d’intelligence et de lucidité. Galey est allé lui rendre visite dans sa maison de Petite-Plaisance à Mount Desert dans le Maine, thébaïde que l’écrivaine, au fil des pages, n’aura de cesse de décrire comme un lieu de vie et non d’exil. On imagine qu’ils ont passé pas mal de temps ensemble, tant la discussion est poussée loin qui porte autant sur les ressorts des grands romans de Yourcenar, les épisodes marquants de sa vie, ou ce qui fait un écrivain authentique. Nous ne sommes que dans les années 1970 mais on est sidéré par la contemporanéité de certains sujets qui déjà préoccupent la grande écrivaine devenue visionnaire, comme l’écologie par exemple. La haute intelligence – nourrie aux grands auteurs mais également pétrie de bon sens, – est toujours aux commandes, miraculeuse, si précieuse en une époque qui en est si économe…
Preuves par l’exemple :

« Quand on parle de l’amour du passé, il faut faire attention, c’est de l’amour de la vie qu’il s’agit; la vie est beaucoup plus au passé qu’au présent. Le présent est un moment toujours court et cela même lorsque la plénitude le fait paraître éternel. Quand on aime la vie, on aime le passé parce que c’est le présent tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine. »

 » Je suis tentée de croire qu’à travers la vie le style s’améliore, se débarrasse des scories imitatives, se simplifie, trouve sa pente, mais que le fond reste, enrichi, ou plutôt confirmé par la vie. »

 » Je me suis toujours beaucoup méfiée de l’actualité, en littérature, en art, dans la vie. Du moins de ce que l’on considère comme l’actualité, et qui n’est souvent que la couche la plus superficielle des choses. »

 » Les Français ont en quelque sorte stylisé l’amour, créé un certain style, une certaine forme de l’amour; et après cela ils y ont cru, ils se sont obligés à le vivre d’une certaine manière, tandis qu’ils l’auraient vécu tout autrement, s’il n’y avait pas eu toute cette littérature derrière eux. »

« Chaque livre naît avec sa forme tout à fait particulière, un petit peu comme un arbre. Une expérience transplantée dans un livre emporte avec elle les mousses, les fleurs sauvages qui l’entourent dans cette espèce de boule de terre où ses racines sont prises. »

« Et qui s’est adossé à un rocher pour se protéger du vent, qui s’est assis sur un rocher chauffé par le soleil, en y posant les mains pour essayer de capter ces obscures vibrations que nos sens ne perçoivent pas, a bien de le peine à ne pas croire obscurément à l’amitié des pierres.« 



L’homme à la 37ème seconde
21 mars 2017

Au-delà de la polémique sur le chercheur à qui l’on doit la primeur de cette découverte, en bon proustien j’ai été ému de découvrir l’image de cet homme à petite moustache, portant un pardessus gris et un chapeau melon noir, qui dévale en sautillant les escaliers de l’église de la Madeleine lors du mariage d’Armand de Guiche et d’Elaine Greffuhle un certain 14 novembre 1904, de cet homme pressé, aux épaules étroites, et qui est Marcel Proust.

Cette découverte a été abondamment commentée. Comme ici, ou bien ici, ou encore ici.



Article du Canard enchaîné
15 mars 2017

C’est sympathique d’être mis en examen par le Canard enchaîné (et qui plus est par Botule) !



Article de Libération
11 mars 2017

Une brève critique de Dans un temple zen est parue dans le Libé daté des 11 et 12 mars :



Vidéo de présentation de « Dans un temple zen »
3 mars 2017