Archive pour juillet 2016
Lire Albert Londres
9 juillet 2016



Je me suis récemment replongé dans deux textes d’Albert Londres, écrits à dix ans de distance : son classique La Chine en folie (1922) et son dernier recueil d’articles, La guerre à Shanghai (1932, que l’on trouve également sous le titre de Mourir pour Shanghai). C’est toujours un plaisir de retrouver la plume alerte et virevoltante de Londres et le regard ironique et lucide qu’il porte sur une réalité compliquée : la Chine déchirée des Seigneurs de la guerre en 1922 et la première attaque japonaise sur Shanghai une décennie plus tard. Il a assurément un regard d’écrivain sur les situations et les êtres qu’il croise, mais c’est en même temps un grand reporter apte à saisir l’esprit d’un lieu et ses convulsions, toujours au bon endroit au bon moment. La Chine en folie est une chronique truculente là où La guerre à Shanghai a davantage la forme d’un reportage de guerre dont il narre les épisodes tragi-comiques sans jamais se déprendre de son sang froid et de la gouaille qui sont sa signature. On connaît la suite : son embarquement à bord du paquebot le Georges-Philippar à destination de la France et qui brûle au large de la Somalie, lui coûtant la vie. Londres ramenait en France le résultat d’une enquête qu’il avait qualifiée d’explosive et qui se perdit corps et âme avec lui. C’est le point de départ d’un scénario de Régis Debray, que l’on n’attendait pas dans ce registre et que publient également les éditions Arléa. On y retrouve Londres plongé dans les entrailles nauséabondes de la Concession française, où tout un monde interlope – les triades, le Consulat, la pègre marseillaise, les militaires chinois – complotent pour préserver au mieux leurs intérêts respectifs. Le texte est léger, enlevé, très bien documenté et constitue un bel hommage au legs précieux du journaliste-aventurier.



Apesanteur
3 juillet 2016

Je ne me lasse pas de revoir cette scène extraordinaire du film Tokyo Sonata (2008) de Kiyoshi Kurosawa. La famille a connu tout au long du film des heures difficiles. Le fils, devant ces épreuves, s’est réfugié dans l’apprentissage du piano. Arrive l’examen de fin d’année à son école de musique de quartier. Le reste se passe de mots : tout y est d’une grâce absolue.