Archive pour décembre 2015
Dali
30 décembre 2015























Toujours en août dernier, après la capitale du Yunnan, Kunming, je décidai de me rendre dans une ville à taille plus humaine, Dali. L’architecture traditionnelle y est préservée en partie, on y marche plus volontiers qu’on y circule en taxi et aux alentours se trouvent quelques temples transformés en foire du Trône : bref, l’endroit constitue l’une des destinations touristiques les plus courues de la province – et quand je parle de tourisme, je veux parler principalement de touristes chinois qui, le soir, obligent à marcher au coude à coude dans les ruelles encombrées de la vieille ville qui exhalent mille odeurs de fritures et proposent jusqu’à saturation des briques de thé Pu’Er, des étoffes et autres colifichets de basse consommation. Enfin, il n’était tout de même pas désagréable, et même plutôt ludique, de me retrouver au milieu de cette agitation bon enfant. Je logeais dans un joli hôtel pour Chinois en pierre grise, aux toits recourbés et au mobilier traditionnel, et la météo me fut clémente. J’ai vite loué un petit scooter électrique aux couleurs de l’Union Jack grâce auquel j’ai pu sillonner librement les alentours de cette cité fortifiée collée entre la montagne et le lac Erhai. J’ai ainsi et entre autres visité le temple aux 3 pagodes et suis monté en téléphérique jusqu’au mont Cangshan (3.900 m) où j’ai ahané, du fait de l’altitude, sur le circuit de planches qui offre à qui résiste à la fraîcheur un belle vue sur le lac loin en contrebas. Les pins, les filets de brume, les pierres de torrent, rappelleraient volontiers un paysage des Song à qui parviendrait à faire abstraction de la foule bruyante qui vous entoure de toutes parts. Au final, mon plaisir le plus authentique aura été de rouler en scooter sur la belle route qui longe le lac, à m’arrêter pour photographier les plus beaux points de vue ou pour manger de délicieuses frites chinoises au piment ou pour photographier de vieilles paysannes ou pour me mettre à l’abri de l’averse soudaine sous un bout de toit, puis à reprendre ma route toujours plus au nord en essayant de calculer si j’arriverais à revenir à mon hôtel sans tomber en panne et devoir pousser mon engin de rockeur au beau milieu des rizières.



Kunming
12 décembre 2015




















Au mois d’août, peu de temps avant mon départ de Calcutta, je me suis rendu une dizaine de jours dans le Yunnan. Retourner en Chine, pays avec lequel j’entretiens une relation ancienne, m’est toujours une curiosité, surtout en rapport avec le développement vertigineux que connaît le pays. En m’envolant pour Kunming, je pensais trouver une ville préservée en grande partie de la modernité galopante qui a bouleversé le visage des grandes villes chinoises. Evidemment, j’ai fait preuve de naïveté, car Kunming, comme toutes ses pairs, est une mégalopoles où les avenues immenses tracent un sillon au milieu des tours et des grues qui en érigent de nouvelles. La ville toutefois n’est pas désagréable, assez fonctionnelle et très vivable. J’ai ai été par exemple agréablement surpris de découvrir que motos et mobylettes avaient été remplacées par des deux-roues électriques. Les quartiers anciens n’existent plus ou bien ont été rénovés pour mieux se disneylandiser. J’ai vu sur des panneaux des photos de l’ancien quartier musulman de Kunming, qui a été rasé en 2007, mais que la mémoire photographique semblait ramener bien plus longtemps en arrière, témoignage s’il était besoin de l’accélération vertigineuse du temps chinois. Néanmoins, dans les interstices de cette modernité ravageuse, on découvre parfois des îlots d’une autre Chine : au milieu des gratte-ciels des groupes de personnes âgées qui jouent de la musique ou vendent des talismans, des joueurs d’échecs chinois, des fumeurs de pipes, des collectionneurs de grillons, des tortues se prélassant dans le bassin d’un temple, le nom d’amoureux gravés sur des bambous – et puis la gouaille inépuisable des gens (à leur contact mon chinois rouillé m’est miraculeusement revenu) et cette cuisine, de rue notamment, qui offre un éventail de surprises et de saveurs qui est loin de disparaître. Ce sont là quelques unes des bonnes nouvelles que j’ai ramenées de mon séjour.