Archive pour juillet 2015
Michel Tournier en bengali
25 juillet 2015


J’ai récemment participé au lancement de la traduction en bengali du « Coq de Bruyère » de Michel Tournier. Pour l’occasion, à la demande de l’éditrice, j’ai rédigé une préface au recueil, que j’ai titrée : « Michel Tournier ou l’écriture à la puissance du mythe ». Je serais curieux de savoir comment les Indiens recevront l’oeuvre de cet écrivain majeur dont la gloire, en France, pour une raison qui m’échappe et me semble un peu injuste, s’est quelque peu estompée. Les Indiens seront sensibles je crois à une oeuvre qui puise aux sources de la mythologie, même s’il s’agit de la mythologie antique ou chrétienne dont ils sont peu familiers – mais nous le sommes encore moins de la leur. Je ne crois pas que les deux chef d’oeuvre que sont « Vendredi ou les limbes du Pacifique » et « Le rois des aulnes » aient jamais été traduits dans la langue de Tagore. J’espère que la même éditrice courageuse s’y attellera dès que possible.



Goa
18 juillet 2015






Quelques jours à Goa, en pleine saison des pluies, m’ont laissé une impression mitigée. Je logeais à Fort Aguada, au sud de la plage de Candolim. L’horizon était voilé par un rideau de pluie ; la mer d’Arabie était houleuse et la baignade parfaitement interdite. Les touristes, s’ils étaient nombreux, étaient essentiellement des familles indiennes avec enfants qui profitaient des forfaits hôteliers de la basse saison. J’imaginais aisément l’affluence que devait connaître la longue bande côtière l’hiver, lorsque les hordes de touristes indiens laissaient la place aux meutes de backpackers venus du monde entier. J’ai bien entendu effectué mon traditionnel petit tour dans le vieux Goa portugais qui ne manque pas de charme. Jolies églises baroques, dans un état qui va de la parfaite ruine à l’abbatiale que l’on eût dit construite la veille. Au sol, de belles dalles mortuaires que l’on ne peut s’empêcher d’essayer de déchiffrer. Beaucoup de chiens et d’humidité. De la mousse d’un vert éclatant sur les vieilles pierres. Des bras de mer, des ponts, une eau limoneuse. Il me fallait voir Goa avant de quitter l’Inde ; j’ai vu Goa.