Archive pour janvier 2015
Mes films 2014.
26 janvier 2015

Si je cède à la tentation, de saison, du bilan des films qui m’ont le plus marqué l’année dernière (hors classiques), voici mon quinté de tête (dans le désordre) :

* « L’inconnu du lac » d’Alain Guiraudie : un sujet qui aurait pu basculer dans le glauque ou le voyeurisme mais qui est traité tout en finesse pour aboutir à un polar glaçant, porté par des acteurs parfaits et filmé au lac de Sainte-Croix, théâtre ensoleillé du drame implacable qui se joue sur ses berges et dans ses eaux supposées tranquilles. Finalement, j’aurai gardé un souvenir plus marquant de ce film que de « La vie d’Adèle ».

* « Only Lovers Left Alive » de Jim Jarmusch. : l’errance désenchantée d’un couple de vampires post-modernes et fin de race entre Detroit et Tanger devient derrière la caméra de Jarmusch une comédie romantique parfaitement stylée et hypnotique à souhait. J’ai adoré le personnage de la petite soeur fantasque joué par Mia Wasikowska et celui du poète Marlowe joué par John Hurt. Quel talent a Jarmusch pour filmer l’errance la nuit en voiture (cf. « Ghost Dog ») !

* « Under the Skin » de Jonathan Glazer : un parfait ovni cinématographique, d’une beauté visuelle et sonore étourdissante, et Scarlett Johansson telle qu’on ne l’a jamais vue dans le rôle d’une créature venue d’un autre monde et qui chasse les hommes seuls qui errent sur les trottoirs mouillés de Glasgow. Kubrick n’aurait pas fait mieux.

* « Blancanieves » de Pablo Berger : un conte fantastique et baroque filmé en muet dans un noir et blanc superbe, hommage au cinéma de Tod Browning qui enfonce « The Artist ».

* « Saint Laurent » de Bertrand Bonello : bien plus entier et convaincant évidemment que le fade biopic de Jalil Lespert sorti au même moment. Bertrand Bonello et Gaspard Ulliel ont pris tous les risques pour restituer l’intégrité et les déchirements du grand créateur, et le résultat virevolte à l’écran.



9 janvier 2015