Archive pour octobre 2014
Modiano à la conquête du monde.
12 octobre 2014

La nouvelle de l’attribution du Prix Nobel à Patrick Modiano m’est parvenue comme une surprise et une joie. Un surprise parce que, à la différence de l’écrivain-monde qu’est par exemple Le Clézio, je ne pensais pas qu’une oeuvre aussi profondément rattachée aux subtilités et aux non-dits d’une langue, aux rues brumeuses d’une ville (Paris) et aux fantômes persistants de la mémoire d’une époque (l’Occupation, les années 1960), pût avoir un écho international. Une joie, donc, celle de m’être trompé d’abord, et ensuite celle de voir récompenser un auteur dont l’oeuvre et la fameuse « petite musique » m’accompagnent depuis l’adolescence, avec toujours le même plaisir à la lecture de chacun de ses nouveaux opus. Grâce à ce prix, Modiano va être découvert par les lecteurs du monde entier, ce qui est une excellente chose, pour lui, et pour le rayonnement de la littérature française en général. Dès la nouvelle connue, j’ai regardé si son oeuvre, comme à présent tant de romans français, avait été traduite en Inde, afin de l’offrir autour de moi. Malheureusement, ce n’est pas encore le cas et les Indiens devront encore patienter avant de pouvoir errer dans la rue des boutiques obscures. Je signale ici un article très pertinent (comme toujours) de Pierre Assouline sur le sujet.



L’ombre derrière.
5 octobre 2014

« L’ombre derrière », tel est le titre (provisoire) du roman policier dont j’ai achevé l’écriture en juillet et pour lequel j’attends la réponse des quelques éditeurs spécialisés à qui je l’ai adressé. C’est une incursion dans un genre que je connais finalement assez peu, qui possède ses codes et ses lecteurs. Je ne sais absolument pas si mon texte respecte suffisamment les premiers pour intéresser les seconds. Je sais en revanche que l’écriture et la construction du livre se sont avérés beaucoup plus difficiles que ce que j’avais imaginé. Bien sûr, certains diront qu’un roman policier est, au-delà de l’intrigue, l’occasion de découvrir un contexte (social, historique) et les personnages qui s’y meuvent. C’est le cas ici, et j’espère que cela suffira à rendre le texte intéressant. L’action du livre se situe en Birmanie, sous l’angle sombre, là où son côté lumineux apparaissait dans « Portraits birmans ». Une jeune diplomate a disparu à l’Ambassade de France à Rangoun. Deux inspecteurs (des Affaires étrangères et des Finances) sont dépêchés sur place afin de faire la lumière sur cette affaire avant qu’elle ne s’ébruite. Ils découvrent une Birmanie en pleine transition, tiraillée de toutes parts, dont la complexité n’a d’égale que celle qui régie les rapports humains au sein d’une ambassade – soit deux univers qui à ma connaissance ont très peu été traités dans une oeuvre littéraire. Je voulais à l’origine écrire un roman très noir, à la James Ellroy. Je n’y suis pas parvenu et mon texte est de facture classique. J’aimerais que cette enquête de l’Inspecteur Hervé de la Tourette soit la première d’une série qui le verrait enquêter dans le monde entier. Voyons déjà si le premier tome passe la barre !