Archive pour mars 2014
Retour à Rangoun.
17 mars 2014

J’ai profité de l’occasion du Yangon Photo Festival, dont la marraine est Aung San Suu Kyi, pour retourner à Rangoun. Cela fait un an et demi que je n’y avais pas mis les pieds. Que de changements ! Les voitures y sont plus nombreuses, et les embouteillages permanents en dépit des nouvelles voies aériennes qui ont été construites aux principaux carrefours, comme celui de Hledan. Les restaurants et autres galeries marchandes se sont multipliés. Idem des nombreux projets immobiliers d’envergure, comme ce complexe de luxe en construction sur Kebaye Pagoda Road, avec vue sur la maison de la Dame, ou encore ce Novotel flambant neuf sur Pyay Road, à quelques centaines de mètres de l’Institut Français. Les loyers flambent et ce dernier, pour pouvoir assumer ses larges locatives, a été contraint de sous-louer au Goethe Institut, à l’Ambassade de Pologne et à une ONG danoise… Rangoun se transforme à toute allure en une nouvelle Bangkok. Je logeais au très mélancolique Inya Lake Hotel, où les chambres étaient quatre fois plus chères que de mon temps. J’ai erré comme un fantôme dans cette ville en pleine mutation où mes repères étaient bouleversés.
Pour le reste, la soirée à l’Institut fut très agréable. Les photoreportages projetés sont visibles ICI.



Chef d’oeuvre automatique.
15 mars 2014

Je lis dans Le Monde des livres une anecdote réjouissante, racontée par Mary Higgins Clark en ouverture du documentaire « Best-seller à tout prix » de Vassili Silovic et Annick Cojean (2006). Une équipe d’universitaires recherche la martingale du succès littéraire. Inévitablement, estiment-ils, l’oeuvre parfaite brasserait quelques uns des ressorts universels sur lesquels s’appuient les livres les plus vendus dans le monde : la religion, la monarchie, le sexe et le suspense. Ils incorporent tous ces paramètres dans un super-ordinateur. Le logiciel miracle mouline tout ça pendant des heures. L’équipe, fébrile, se rassemble devant l’écran, guettant la première phrase du chef d’oeuvre. Celle-ci s’affiche : « Mon Dieu ! s’écria la reine. J’ai été violée. Mais qui est le coupable ?«