Archive pour décembre 2013
Art contemporain à Singapour.
29 décembre 2013










Je viens d’effectuer un break de quelques jours à Singapour. J’en ai profité pour voir un peu de la Biennale qui s’y tenait au même moment. Cela m’a permis de découvrir un certain nombre d’artistes très intéressants originaires de toute l’Asie du sud-est, qui prennent à bras le corps certains maux ou certaines problématiques qui touchent leurs sociétés en évolution rapide et parfois incontrôlée.
C’est le cas par exemple de la Philippine Kiri Dalena, dont l’installation « Monument for a Present Future », qui associe fragments de sculptures foetales tronquées jonchant le sol et vidéo relatant le massacre de Maguindanao en 2009, ne laisse pas d’impressionner.
L’Indonésien Nasirun choisit un mode d’expression très poétique, en enfermant plusieurs centaines de petites figurines de Wayang à l’intérieur d’autant de bouteilles (« Between Worlds »).
Le principe accumulatif est également à l’oeuvre chez la Malaisienne Kumari Nahappan, qui entasse quatre tonnes de graines rouges de cardinalier (saga) dans l’angle d’une pièce écarlate.
Dans « Cosmology of Life », l’Indonésien Toni Kanwa a disposé sur un plateau circulaire une armée de minuscules figurines de bois qui font chacune quelques millimètres seulement et que l’on doit observer à la loupe.
Plus angoissant, le Philippin Oscar Villamiel accumule dans un jardin d’horreur des centaines de têtes de poupées fichées sur des tiges telles des tournesols. Des chevelures pendent du plafond. Des poupées démembrées sont stockées dans une cabane d’ogre.
La peinture n’est pas en reste avec les oeuvres fouillées et monumentales du Malaisien Adrian Ho (« Fruits of Life ») ou du Philippin Leslie de Chavez (« Detritus »).
Enfin, j’ai découvert quelques superbes vidéos : animation décalée (« Superbarbara Saving the World » par le Thaïlandais Boonsri Tangtrongsin), morbide (« Exorcise me » par la Singapourienne Sookoon Ang), performative (le Cambodgien Khvay Samnang ou les Le Brothers vietnamiens).
Et j’en passe bien d’autres. Un excellent cru en provenance d’une région du monde qui m’est chère.



Retour de Kohima.
22 décembre 2013

Cliquer ici pour voir une vidéo du Hornbill Festival




J’ai passé récemment quelques jours à Kohima, au Nagaland, à l’occasion du Festival du toucan (Hornbill Festival), l’évènement annuel le plus couru dans ce petite Etat du nord-est de l’Inde où cohabitent une dizaine de tribus qui trouvent là l’occasion de présenter leurs coutumes, leurs vêtements traditionnels, leur cuisine, leurs danses, leurs chants etc. Cela m’a par exemple fourni l’occasion de goûter aux frelons bouillis, aux vers de bois ou aux petites grenouilles mijotées, le tout accompagné de bière de riz fermentée. Comme tout cela se passait dans la joie et la bonne humeur, et que la fraîcheur des cimes appelait de toute façon les calories, mon estomac s’en est remis (même si tout, bien sûr, est dans la tête). J’ai pu en outre être témoin d’une cérémonie rare : tous les hommes du village de Viswema, en costumes traditionnels – soit plusieurs centaines de personnes, ont joint leurs forces pour tirer à l’aide de lianes tressées un énorme menhir destiné à être érigé pour célébrer le cinquantième anniversaire de l’Etat du Nagaland. J’étais au milieu de cette foule qui ahanait sous l’effort tout en vibrant d’une voix de basse ensorcelante qui donnait l’impression que la montagne elle-même grondait en écho. Petite vidéo ci-dessus.