Archive pour novembre 2013
L’âme colorée d’Olivier Tallec
24 novembre 2013


J’accueillerai à partir de demain à Calcutta l’illustrateur et auteur de BD Olivier Tallec, qui participera à un atelier avec des auteurs indiens – dont Sarnath Banerjee – et allemand. J’ai lu ses deux bandes dessinées avec le plus grand plaisir.
D’abord « Negrinha », sur un scénario de Jean-Christophe Camus. L’histoire se situe dans le Rio des années 1950 et est une fable poignante sur le thème du métissage à travers le duo formé par une mère issue des favelas et sa fille plus blanche de peau qu’elle entend à tout prix préserver de ses origines, quitte à ce que tout le monde la prenne pour la bonne. Le trait est les couleurs sont superbes, l’humour et la tendresse à fleur de peau. Une vraie découverte.
Dans un registre assez similaire, il faut lire « Les grands soldats », qu’Olivier Tallec a écrit avec Laurent Rivelaygue. Cette fois-ci, l’action se déroule au XVIIe siècle. Le roi en Prusse Frédéric-Guillaume Ier s’est mis en tête de posséder la garde royale la plus haute du monde, c’est à-dire constituée de forces de la nature, aux proportions extraordinaires. Pour recruter ces géants, les Lange Kerls, le roi envoie des hommes dans toute l’Europe, et jusqu’en Irlande. C’est là qu’ils découvrent Cathal Crann, modeste berger capable d’assommer un ours d’un seul coup de poing. Emmené de force à Potsdam, Crann y devient le favori d’un roi ridicule, tombe amoureux, découvre la vie, et se fait aussi quelques ennemis mortels… Les personnages sont superbement plantés et très attachants, l’histoire passionnante qui s’appuie sur des faits authentiques. Là encore, Olivier Tallec fait mouche. Vivement son nouvel opus !



Adèle à Calcutta
17 novembre 2013

Le Festival International du Film de Calcutta (www.kff.in), qui se tient à cent mètres seulement de ma maison, m’a permis de voir La Vie d’Adèle parmi un public indien venu très nombreux, sans doute attiré par la réputation sulfureuse du film dans un pays où règne la pudibonderie. Le film était projeté en numérique, ce qui conférait à l’image et à la lumière un relief saisissant. Le film est superbe et ses trois heures sont passées sans que je m’en aperçoive. Le sujet était très périlleux et d’autres que Kechiche auraient peut-être rendu un son plus faux. Mais là, à aucun moment je n’ai pu me détacher des tourments adolescents de la belle Adèle. La jeune comédienne Adèle Exarchopoulos est en tous points remarquable et le film est assurément l’un des plus réussis sur les affres de l’adolescence. Quant à savoir s’il a plu aux Indiens autant qu’à moi, c’est une autre histoire…



« Je voudrais pas crever »
9 novembre 2013

Superbe interprétation par Trintignant d’un non moins superbe poème de Vian. Totalement fascinant.