Archive pour août 2013
Un vieux bari à Chinsurah.
18 août 2013




A l’occasion d’une visite récente à Chandernagor, j’ai pu visiter dans l’ancien comptoir hollandais de Chinsurah un vieux bari, c’est-à-dire un vieux palais patricien bengali, immense, abandonné, rongé par l’humidité et la végétation sauvage, aux murs badigeonnés d’un bleu superbe et dont le balcon, en façade, donne sur la rivière Hooghly. La propriétaire des lieux envisage de le transformer en hôtel « vintage » mais je viens d’apprendre que ce projet pourrait ne pas voir le jour, si bien que ce palais hors d’âge devrait continuer lentement, inexorablement, son oeuvre de pourrissement. Vanitas Vanitatum, Omnia Vanitas.



Deux romans réjouissants.
11 août 2013


« Le maître a de plus en plus d’humour » est un court roman – disons une grosse nouvelle – du romancier chinois Mo Yan, Prix Nobel de littérature. Sur le ton de la farce, il narre l’histoire du vieux Ding, ouvrier modèle licencié de son usine et qui décide de créer sa petite entreprise : il aménage un vieux bus abandonné où il accueille des couples illicites. Le livre, une jolie illustration des dérives du néo-capitalisme à la chinoise, a été (très bien) traduit par mon ancien professeur de chinois à Aix-en-Provence, Noël Dutrait.

Dans la série des « biographies » de Jean Echenoz, j’ai lu son « Ravel ». Le livre est remarquable. Echenoz illustre à sa manière, piochant çà et là quelque anecdote croustillante ou tel trait de caractère, les dix dernières années de la vie du musicien. Ravel est maniéré, il s’embête, il est asocial, il est brillant, il est maniaque et désinvolte, il est insupportable ; il voyage et accumule les succès ; il compose son « Boléro » presque par hasard ; il perd l’esprit et meurt. Le tout est écrit sans avoir l’air d’y toucher, dans ce style qui marque durablement tout en étant économe de moyens et empoigne la trivialité avec une délectation contagieuse.



Quelques films.
3 août 2013





Voici quelques films vus récemment en DVD :
- « Wolfen » de l’Américain Michael Wadleigh (1981), fable sioux dans laquelle les loups ont reconquis les territoires urbains dont ils ont été dépossédés, et se nourrissent de la chair fraîche des déclassés. La photo du film, et son ambiance générale, font très « début des années 1980″ et ne sont pas sans charme. Pour le reste, le film a vieilli.
- « The Deadly Affair » (1966) de Sydney Lumet (en français : « MI5 demande protection »), bonne histoire d’espionnage adaptée de John Le Carré avec James Mason et Simone Signoret. Là encore, le film donne beaucoup à voir du Londres du milieu des années 1960, et présente presque un intérêt documentaire.
- « Que la fête commence » (1974) de Bertrand Tavernier, avec Philippe Noiret et Jean Rochefort, comédie historique où Noiret figure le Régent Philippe d’Orléans et Rochefort l’Abbé Dubois, deux comparses en débauches au temps de la Régence. Très bon film, riche en verve et scènes cocasses. Tavernier est grand.
- « Memento Mori » (1999), film coréen de Kim Min-sun et Min Kyu-dong qui se situe intégralement à l’intérieur d’un collège de jeunes filles, et puise à la fois au genre du film d’adolescents et du film fantastique – pour un résultat décevant malgré la qualité de la mise en scène.
- « Gallipoli » (1981) de l’Australien Peter Weir, fresque très émouvante sur l’engagement des soldats australiens dans la guerre des Dardanelles en 1915. Les personnages sont attachants, le film épique et convaincant jusqu’au bout, l’utilisation de l’Adagio d’Albinoni tout à fait pertinente. J’ai adoré – il faut dire que je suis un grand admirateur de Weir.