Archive pour juillet 2013
Tchekhov nouvelliste.
27 juillet 2013

J’ai depuis quelques mois, toujours à portée de la main, un recueil des nouvelles complètes de Tchekhov, que j’ouvre de temps en temps, découvrant à chaque fois des pépites. Parmi mes textes préférés :
- « Calchas », ou le vague-à-l’âme d’un acteur vieillissant, thème que l’on trouve aussi dans le monologue « Le chant du cygne » ;
- « Kachtanka », ou les tribulations tragi-comiques d’une petite chienne rousse ;
- « La cuisinière se marie / prend époux », étude de moeurs vue à travers les yeux d’un petit garçon de sept ans ;
- « Sainte simplicité / Sainte innocence », sur les retrouvailles d’un père et d’un fils ;
- « Le chagrin / Un malheur », l’histoire d’un tourneur sur bois qui emmène sa femme malade à l’hôpital du district, par une journée de grande neige ;
- « Agafia », brève histoire d’amour entre un jeune homme mutique et une femme mariée.
Et il y en aurait tant d’autres !



Vieillesse ennemie.
20 juillet 2013


Deux chefs d’oeuvre sur la vieillesse : le film « Amour » de Michael Haneke et le roman « Un homme » (Everyman) de Philip Roth. L’un comme l’autre sont les oeuvres contemporaines les plus marquantes qu’il m’ait été donné de voir, de lire, sur le sujet. C’est bouleversant de franchise et de frontalité. Les choses sont montrées, sans pathos, glaçantes : la déchéance, la maladie, la mort. L’effet est redoutable et il faut assurément avoir la pleine maîtrise de son art pour se lancer dans un tel sujet. Ce sont mes anti-conseils de plage de la semaine.



Un diptyque de Ray.
14 juillet 2013




J’ai revu deux films de Satyajit Ray délicieux de sensibilité et d’intelligence et qu’il avait pensé comme un diptyque : « Kapurush » (Le lâche, mais littéralement l’homme mauvais) et « Mahapurush » (Le Saint Homme, littéralement le grand homme). L’histoire de ce célibataire qui par hasard retrouve dans une plantation de thé de l’Assam la femme qu’il a jadis aimée sans avoir le courage de s’engager avec elle et qui aujourd’hui est mariée à un stupide planteur est touchante. Dans le registre de la comédie, celle d’un gourou de pacotille démasqué par des hommes de raison est très efficace. Profitant de ma résidence à Calcutta, j’essaie de compléter ma connaissance du cinéma bengali – j’ai par exemple vu récemment le « Chokher Bali » de Rituparno Ghosh – mais je dois reconnaître que je n’ai toujours pas trouvé de réalisateur qui arrive à la cheville du grand Ray.



Mon premier Murakami.
6 juillet 2013

J’ai fini mon premier livre de Haruki Murakami, dont on m’a tant rebattu les oreilles. Autant dire que « Les amants du Spoutnik » m’a déçu. Le livre se lit très facilement et distille un suspense efficace qui malheureusement ne conduit…nulle part et m’a fait rester sur ma faim. Les personnages sont caricaturaux, et notamment celui de la jeune Sumire, apprentie écrivaine exaltée et mal dans sa peau, qui, j’imagine, doit ressembler à certaines lectrices adolescentes, nippones ou non, qui ont contribué au succès de l’écrivain. Cela étant dit, je ne compte pas en rester là et prévois de lire d’autres ouvrages du même écrivain.