Archive pour mai 2013
Ville-monde : Rangoun. Deuxième partie.
25 mai 2013

La deuxième et dernière partie du reportage peut être écoutée ici :



Ville-monde : Rangoun
18 mai 2013

Je signale le premier volet d’un très intéressant reportage de France Culture consacré à Rangoun, au cours duquel j’interviens (au début).
Ces voix connues, ces sons familiers de la ville produisent sur moi un effet étrange car aussitôt ils s’associent à des visages ou des quartiers que j’ai l’impression d’avoir quittés hier – neuf mois m’en séparent pourtant.



Incursion dans le sud.
12 mai 2013














A la faveur d’une réunion à Pondichéry, je viens d’effectuer mon premier séjour dans le sud de l’Inde. Pendant deux jours, j’ai loué une voiture qui m’a permis de découvrir quelques sites intéressants du Tamil Nadu, sous une chaleur émolliente. Première étape, Chidambaram et son temple, guidé par un petit bonhomme moustachu. Les dalles du temple étaient si brûlantes sous la plante des pieds que le moindre rectangle d’ombre était une délivrance. Le sanctuaire du Naṭarāja était plongé dans l’obscurité et la tunique immaculée des Brahmines y allumait comme des loupiotes. Il y avait là des odeurs de beurre rance et de suin.
Je suis allé ensuite à la mosquée soufie de Nagore (Nagore Dargah), vieille de cinq siècles, et me suis fendu d’une offrande contre une bénédiction qui m’a été dispensée sur le chef avec une faisceau de plumes de paon avant que l’officiant ne me glisse entre les mains un sachet de sucre (ou de sel ?) et des fleurs de jasmin. Dédié au saint Hazrat Syed Hameed Qadir Vali, le sanctuaire accueille aussi bien des Chrétiens que des Hindous.
J’ai passé la nuit dans l’ancien comptoir danois de Trinquebar, sur la côté de Coromandel. Étrange endroit, de la taille d’un village, assez fantomatique. J’étais quasiment le seul client d’une ancienne demeure coloniale transformée en hôtel de charme, face à la mer. J’occupais la chambre « Princesse Anna Sophia » avec ses fins voiles bleus et son lit à baldaquin. Depuis le balcon véranda le regard pouvait embrasser toute la côte ; derrière un vieux fort danois sur les remparts duquel déambulaient des familles, une plage claire se perdait à l’horizon dans des brumes de chaleur. Vers cinq heures, je suis allé me promener dans les ruelles désertes du village. Une belle église blanche, peu de passants, des chèvres partout et la statue très kitsch d’un illustre Danois. J’ai ensuite rejoint les familles sur la plage pour baigner comme elles mes pieds dans les vaguelettes brûlantes. La nuit, sur la jetée, des groupes de vieillards devisaient sous les lampadaires.
Le lendemain, j’ai visité à Tanjore le grand temple de Brihadesvara, très fréquenté. Sur tout un côté du mur d’enceinte intérieur, les peintures à demi effacées étaient superbes. Chacune d’entre elle était consacrée par un Shiva lingam de granit sombre et huileux. Des Brahmines grimés à outrance s’evertuaient à ceindre d’une etoffe un Nandi monolithique pesant quelque 25 tonnes, de 4 mètres de haut.
J’ai effectué un bref arrêt dans un musée sans grand intérêt. À côté se trouvait la bibliothèque Saraswathi Mahal, qui contient plus de 30 000 manuscrits européens et indiens écrits sur papier et feuille de palmier, certains d’une écriture microscopique. Mais ce qui attirait le public, ce qui le faisait se glousser parmi tant d’autres chefs d’œuvre, c’était, sur des panneaux, les célèbres têtes physiogonomoniques de Charles Lebrun !
J’ai fini mon petit tour par la visite des temples de Darasuram et de Gangaikondacholapuram, qui valent qu’on s’y arrête.