Archive pour avril 2013
L’art de la forme ultra-courte
19 avril 2013

Certains auteurs se sont distingués par leur prédilection pour une forme narrative d’une extraordinaire concision, qui à chaque fois laisse ouvert un champ fictionnel infini.
C’est le cas de Hemingway avec celle-ci : « A vendre : chaussures d’enfant, jamais portées » (For sale: baby shoes, never worn.)
L’une des plus connues est « Le Dinosaure », du Guatémaltèque Augusto Monterroso, dont le texte complet s’énonce ainsi : « Quand je me suis réveillé, le dinosaure était toujours là. » (Cuando despertó, el dinosaurio todavía estaba allí).
Il y a aussi « Toc, toc » (Knock) de Fredric Brown : « Le dernier homme vivant était assis dans une pièce. Un coup fut frappé à la porte… » (The last man on Earth sat alone in a room. There was a knock on the door…)
A quoi bon s’embêter à écrire des pavés !



Mon nom est Orhan
17 avril 2013

Cet hiver, des vacances au Rajahstan (ci-dessus, photo prise à l’hôtel Rawla de Narlai, un village situé entre Jodhpur et Udaipur) m’ont permis de me plonger dans l’imposant roman d’Orhan Pamuk, « Mon nom est Rouge », par un auteur dont je n’avais rien lu jusque là. Voilà un vrai roman oriental, foisonnant, disgressif, polyphonique, complexe. Roman de moeurs, roman policier et fresque historique tout à la fois, posant de façon extrêmement intelligente sans tomber dans la sèche érudition la question de la représentation picturale selon les traditions d’Orient et d’Occident et, partant, la question de la place de la Turquie, à cheval sur les deux univers. Un travail impressionnant, qui fait réaliser que Pamuk n’a pas volé son Prix Nobel !