Archive pour décembre 2012
Agence matrimoniale
30 décembre 2012

Il y a au début d’Agenzia matrimoniale, le court-métrage de Fellini au sein du film à sketches L’amore in città (1953) une scène irrésistible : on y voit le héros, à la recherche d’une agence matrimoniale pour les besoins de son enquête, déambuler dans les couloirs d’un vieux palais. La caméra le suit ou le précède en travelling, alors qu’il saisit sur le vif le quotidien des familles d’après-guère qui y ont élu domicile. Il est désorienté et demande plusieurs fois son chemin. C’est finalement un groupe de tout petits enfants, qui grossit à mesure qu’il progresse, qui va lui servir de guide, alors que les couloirs du vieux palais romain résonnent de leur rire puéril, sur une musique entraînante. Rares sont les cinéaste qui parviennent avec une telle économie de moyens à filmer l’essence joyeuse de la vie !



Escale impromptue à Dubaï
7 décembre 2012

Du fait d'un retard de mon vol au départ de Paris qui m'a fait rater ma correspondance pour Calcutta, je me suis récemment retrouvé 24 heures en transit à Dubaï. Il est près de quatre heures du matin lorsque je prends mes quartiers dans la chambre 3102 du Copthorne Airport Hotel, établissement géré par la compagnie Emirates et situé comme son nom l’indique à proximité de l’aéroport. Après un sommeil réparateur, un déjeuner rapide au buffet du restaurant où se pressent toutes les nationalités du monde, puis un peu de lecture, je sors prendre l’air. Dans l’ascenseur, je lis sur une une affichette qu’ « Olga, danseuse du ventre » se produira dans quelques jours. Dehors, le ciel est immaculé, l’air d’une surprenante pureté et la température d’une parfaite douceur. Je marche sur le trottoir d’avenues quasiment désertes, où passent toutes les dix minutes une grosse cylindrée. Je remarque que même les abribus sont climatisés. Je croise quelques employés indiens ou philippins qui se dirigent d’un pas pressé vers les rares restaurants du quartier. Je lève les yeux vers une station du métro aérien à l’architecture futuriste puis découvre une accumulation de bus scolaires jaunes. Bloqué dans ma déambulation hypnotique par une voie rapide, je ne peux poursuivre plus avant et me vois contraint de ne faire que le tour du pâté de maisons. Des silhouettes noires glissent contre les façades qui rosissent à vue d’œil à mesure que le soleil décline puis se couche derrière la tour Burj Khalifa que j’aperçois au loin. Je m’arrête quelques minutes pour entendre l’appel de maghrib depuis une petite mosquée orange que l’on dirait construite de la veille. Voilà ce que je retiens de mes 24 heures de transit forcé à Dubaï.