Archive pour février 2012
Vitale asociabilité de l’écrivain
12 février 2012

« A quel point cette furieuse condition d’incessante précipitation dans une arène où les intérêts sont exclusivement humains est susceptible de ruiner la grandeur latente dans tous les hommes, voilà qui peut se constater à l’effet que produit d’ordinaire le fait de vivre trop constamment dans la société de gens divers. Le mot dissipation, dans l’une de ses acceptions, exprime cet effet ; on dissipe et gaspille trop l’opération de la pensée et du sentiment. Pour les reconcentrer en les faisant entrer dans des habitudes de méditation, toutes les personnes ayant le sens de l’observation ressentent la nécessité de se mettre parfois à l’écart des foules. Nul ne fera jamais s’épanouir les capacités de son intellect s’il ne fait en sorte que la solitude occupe au moins la moitié de sa vie. Autant de solitude, autant de vigueur. » (Thomas De Quincey, Suspiria de profondis)