De quelques BD lues.
23 décembre 2011

Je suis un lecteur régulier de bandes dessinées – non pas fanatique mais honorable. Parmi mes lectures récentes, il faut relever le très littéraire et so British Tamara Drewe, de Posy Simmonds qui répond bien, par son ampleur et la richesse de ses textes, à la définition souvent galvaudée du roman graphique. J’ai d’ailleurs beaucoup plus apprécié le livre, que j’ai lu en version originale anglaise, que l’adaptation pour le cinéma qu’en a tiré Stephen Frears.
Par ailleurs, j’ai relu tous les Adèle Blanc-Sec dans une belle édition grand format en couleurs. Tant de personnages s’y mélangent, tant d’histoires abracadabrantes s’y mêlent que l’on en perd très vite le fil mais peu importe tant ce feuilleton est attachant dans le si beau Paris Belle Epoque de Tardi.
J’ai également dévoré les trois tomes de Pascal Brütal de Riad Sattouf dont, après « La vie secrètes des jeunes », je dois reconnaître que j’aime beaucoup l’univers. Je suis en particulier très admiratif de son talent pour croquer avec une grande économie de moyens mais beaucoup d’humanité les travers de ses jeunes contemporains, dans une galerie de portraits pathétiques et attachants.
Je n’ai pas été déçu par le Pinocchio de Winshluss, qui a largement mérité le succès critique qu’il a obtenu. Tout y est superbe et inépuisable : le graphisme, la narration. Du grand art, dans un registre que l’on croyait l’apanage des Américains et qui révèle si besoin est les sommets atteints depuis quelques années par une certaine bande dessinée française qui a su s’affranchir des codes de la BD franco-belge.
J’ai aussi lu Amitié étroite du jeune Bastien Vivès, tout en délicatesse, comme son « Goût du chlore », que j’avais également beaucoup apprécié. La relève est là !
Et je suis en train de finir la trilogie d’Osamu Tezuka, Ayako, qui narre l’histoire d’une jeune fille séquestrée par une famille décadente et perverse, d’une enfant sauvage en quelque sorte, dans le Japon déboussolé de l’après-guerre. L’histoire est inégale et la narration s’enlise parfois, mais quelle créativité dans certaines vignettes, quelle inégalable modernité dans certains plans, dans la mise en images de certaines situations, que l’on a l’impression de n’avoir jamais vues dépeintes ainsi !



Commentaires
  1. kinghu dit :

    Ce pinoK me fait penser à l’univers de Frank Woodring (publié en France chez l’Association) un auteur au style inclassable et inoubliable – je m’le note!

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