Archive pour décembre 2011
Opportunity
30 décembre 2011

Depuis bientôt huit ans, un petit robot américain baptisé Opportunity est consciencieusement en train d’explorer la surface de la planète Mars. Son espérance de vie n’était que de trois mois mais, infatigable, il poursuit sa route, l’air de rien, analyse le sol et les roches, nous transmet des photos, se déjoue des obstacles et a déjà parcouru 34 kilomètres depuis son arrivée sur la planète rouge le 24 janvier 2004. Quand s’arrêtera-t-il ? Sa persévérance est vertigineuse, comme pour l’imagination de le savoir seul, là-bas, à faire son boulot de petit robot sans conscience, au milieu de nulle part. Il avait un frère jumeau, Spirit, qui lui en revanche ne donne plus signe de vie.
Tiens bon, petit robot, l’année 2012 sera longue !



De quelques BD lues.
23 décembre 2011

Je suis un lecteur régulier de bandes dessinées – non pas fanatique mais honorable. Parmi mes lectures récentes, il faut relever le très littéraire et so British Tamara Drewe, de Posy Simmonds qui répond bien, par son ampleur et la richesse de ses textes, à la définition souvent galvaudée du roman graphique. J’ai d’ailleurs beaucoup plus apprécié le livre, que j’ai lu en version originale anglaise, que l’adaptation pour le cinéma qu’en a tiré Stephen Frears.
Par ailleurs, j’ai relu tous les Adèle Blanc-Sec dans une belle édition grand format en couleurs. Tant de personnages s’y mélangent, tant d’histoires abracadabrantes s’y mêlent que l’on en perd très vite le fil mais peu importe tant ce feuilleton est attachant dans le si beau Paris Belle Epoque de Tardi.
J’ai également dévoré les trois tomes de Pascal Brütal de Riad Sattouf dont, après « La vie secrètes des jeunes », je dois reconnaître que j’aime beaucoup l’univers. Je suis en particulier très admiratif de son talent pour croquer avec une grande économie de moyens mais beaucoup d’humanité les travers de ses jeunes contemporains, dans une galerie de portraits pathétiques et attachants.
Je n’ai pas été déçu par le Pinocchio de Winshluss, qui a largement mérité le succès critique qu’il a obtenu. Tout y est superbe et inépuisable : le graphisme, la narration. Du grand art, dans un registre que l’on croyait l’apanage des Américains et qui révèle si besoin est les sommets atteints depuis quelques années par une certaine bande dessinée française qui a su s’affranchir des codes de la BD franco-belge.
J’ai aussi lu Amitié étroite du jeune Bastien Vivès, tout en délicatesse, comme son « Goût du chlore », que j’avais également beaucoup apprécié. La relève est là !
Et je suis en train de finir la trilogie d’Osamu Tezuka, Ayako, qui narre l’histoire d’une jeune fille séquestrée par une famille décadente et perverse, d’une enfant sauvage en quelque sorte, dans le Japon déboussolé de l’après-guerre. L’histoire est inégale et la narration s’enlise parfois, mais quelle créativité dans certaines vignettes, quelle inégalable modernité dans certains plans, dans la mise en images de certaines situations, que l’on a l’impression de n’avoir jamais vues dépeintes ainsi !



Des nouvelles de ma prochaine parution
7 décembre 2011

Je me rends compte que je n’évoque quasiment pas mes travaux d’écriture dans ces pages. Or il se trouve que je viens d’achever la correction des épreuves de mon prochain livre. Il s’agit d’un recueil dont le titre sera : « Portraits birmans – Dix-neuf vues de la Shwedagon ». Sa parution est prévue le 5 avril chez Arléa. Ce projet de livre dont la Birmanie, où je réside, sera le sujet, est passé par de nombreuses étapes. Il y a un an de cela, il revêtait encore la forme d’un roman d’espionnage ! Sans doute parce que je ne suis pas familier du genre, je me suis aperçu que cela ne fonctionnait pas et j’ai dû revoir ma copie. La forme courte, et un style épuré, m’ont semblé constituer la forme la plus appropriée pour dépeindre le caractère des Birmans, ou en tout cas laisser entrevoir un peu de leur vie par le prisme de ma subjectivité. L’esprit à présent libéré de ce texte, je m’offre une petite parenthèse de réflexion et de rumination sur mon prochain projet. Ce ne sont pas les idées de livres qui manquent mais il me faut, avant d’entreprendre quoi que ce soit, évaluer les chantiers qu’il m’est le plus aisé d’ouvrir dans les conditions d’emploi du temps et d’éloignement qui sont les miennes. Par exemple, m’atteler depuis Rangoun à un projet se situant en France et nécessitant une lourde documentation historique ne semble pas être la meilleure idée. En attendant, je lis. Je rumine et je lis.