Archive pour novembre 2011
Chanson française
22 novembre 2011

Je réalise que je parle assez peu dans ce blog de la musique que j’écoute – alors que j’en écoute beaucoup, ne serait-ce qu’en voiture. J’essaie notamment de suivre ce qui sort en chanson française, une gageure vu mon isolement. C’est principalement lorsque je suis en-dehors du pays que je peux télécharger les albums sur lesquels j’ai pu lire des articles dans la presse.
J’ai fait quelques trouvailles intéressantes, mais je dois dire que mon vrai coup de coeur du moment est un album que j’ai déjà écouté plusieurs fois et dont je me lasse pas : « Bleu Venise », par Daphné. La jeune femme a un réel talent d’écriture, ce qui est rare, et des chansons comme « Portrait d’un vertige » ou « Mélodie à personne » – très beaux titres d’ailleurs – sont de véritables petit chefs-d’oeuvre. Dans un registre un peu semblable, j’aime bien l’album « Initiale », de L, dont on a également beaucoup parlé, même si j’accroche moins à la voix de l’interprète.



L’ascèse orgueilleuse d’écrire
17 novembre 2011

« Orgueil, patience, solitude » : tels sont les trois ingrédients indispensables à qui veut écrire un livre selon l’immense Antonio Lobo Antunes. Le premier est le plus facile à obtenir ; quant aux deux autres, c’est une autre paire de manches !



Dernière promenade à Taipeh
5 novembre 2011

Au matin de ce dernier jour, je vais faire un saut à la librairie française « Le pigeonnier », Sungchiang Road, devant laquelle j’étais passé par hasard le jour de mon arrivée. J’y achète une dizaine de livres de poche, afin de ne pas trop alourdir mes bagages. J’ai l’agréable surprise de découvrir un exemplaire de « Tâleb » dans les rayons. J’éprouve tout de suite beaucoup de sympathie pour cette petite enseigne à 10.000 kms de la France !
J’erre ensuite un certain temps dans des rues écrasées de soleil à la recherche d’un endroit où manger. Quand c’est chose faite, je vais en métro au mémorial Tchang Kai-tchek. Il est déjà plus de seize heures et la lumière décline déjà. De vieux manipulateurs de cerfs-volants se tiennent immobiles, les yeux tournés vers l’azur, au milieu du va-et-vient des groupes de Chinois du continent. Des nuages rosis glissent au sommet des collines qui entourent la ville. Des gens promènent leurs chiens de race et une certaine intimité semble être née de ces affinités canines. Et au-dessus de tout ça la masse fabuleuse de la tour Taipei 101 qui commence à s’éclairer de bleu pendant que la garde d’honneur, dans le crépuscule naissant, procède au milieu des badauds à la descente du drapeau.



A Taipeh
3 novembre 2011

J’ai passé hier une excellente soirée dans le quartier bohême de Yingkang Jie, où il était très agréable de déambuler dans les étroites ruelles qui ont su conserver un peu du charme du Taipeh d’hier. Avec les amis qui m’accompagnaient, nous avons franchi la porte d’une petite boutique où un groupe de fins lettrés (musiciens, calligraphes, photographes, écrivains..) nous ont sympathiquement accueilli, joué des pièces de luth (guqin) et offert de l’alcool de sorgho. Il est bon de savoir que cette hospitalité de culture et de tradition a su résister au développement de la ville ; que subsistent ainsi, même aussi marginalement, des conservatoires de cette Chine classique que je n’ai jamais cessé d’admirer. Très étonnamment, l’homme qui se trouvait là connaissait le temple où j’avais séjourné en 1992-93, « Shifang Chanlin » et même son supérieur, Shouyu Fashi, littéralement « tête de con » – les moines zen prennent un malin plaisir à cultiver une tendance à l’autodénigrement…
Aujourd’hui, j’ai pris le téléphérique jusqu’à Maokong, d’où j’avais une très belle vue plongeante vers les quartiers est de la mégapole. J’ai marché longtemps sur une route de corniche qui serpentait entre les maisons de thé et je me suis arrêté pour manger à la terrasse de l’une d’elles. On m’y a servi un remarquable doufu à la sauce de thé ainsi que de délicieuses petites aubergines mauves comme un crépuscule tropical. Je suis redescendu repu et somnolent vers les lumières de la ville, ne prêtant même pas attention aux toiles d’araignées géantes tendues sur mon passage.



Depuis Taiwan
1 novembre 2011

Je me trouve depuis une petite semaine à Taiwan, et depuis quelques jours à la pointe la plus méridionale de l’île, dans le parc national de Kenting. Je fais du scooter sur des routes de campagne ensoleillées, avec la mer de Chine à main gauche et le Pacifique, roulant furieusement ses longs rouleaux d’écume, à main droite. Le vent cinglant et incessant me porte vers le fossé et peigne les champs. Je m’arrête à d’étroites plages. Je me baigne puis me sèche sur le sable en lisant un roman de Mo Yan. La nuit est fraîche et odorante, la lune bien rousse. Malheureusement, tout cela finira bien trop tôt. C’est mon deuxième séjour dans l’île. Le premier remonte à 18 ans déjà et avait duré presque une année complète. J’avais alors vingt ans. Peut-être en ferai-je un jour le récit.