Archive pour juin 2011
A Dieppe
14 juin 2011

Me voici depuis hier à Dieppe, installé dans un hôtel en front de mer. Hier soir, au centre culturel de la ville, je suis allé voir « Tomboy » de Céline Sciamma, film sur lequel j’avais beaucoup lu et qui a été à la hauteur de mes attentes. J’avais beaucoup aimé le premier film de la réalisatrice, « La naissance des pieuvres », qui lui aussi touchait aux frémissements de l’adolescence féminine. Ce matin, sous un ciel clément, je suis allé lire du Robert Walser (« Vie de poète ») assis sur les gros galets qui roulaient sous moi. J’ai passé le reste de la journée dans ma chambre à finaliser mon prochain livre, que je pense achever sous peu, et ne suis sorti qu’à l’heure du dîner pour aller manger une casserole de moules à la dieppoise à la brasserie « Tout va bien », qui portait bien son nom, sur les quais. Comme il faisait encore jour, et que le soleil avait même fait une apparition, je suis retourné à la plage bouquiner au milieu des mouettes, devant le superbe spectacle du coucher de soleil. Je n’arrive pas à me faire une raison que le soleil se couche ici à 22 heures, là où toute l’année l’obscurité tombe implacablement à 18 heures à Rangoun. L’absence de saisons et de variation de la lumière est certainement ce qui me pèse le plus dans mon expatriation et je me rends compte par contraste avec la grande forme que ces longues journées françaises me confèrent à quel point le climat tropical me fatigue. Je pourrais ici travailler quinze heures d’affilée sans ressentir de lassitude là où quelques heures de labeur intellectuel ont raison de mon énergie à Rangoun. La France a décidément du bon, et ce n’est pas le moindre avantage de mon éloignement que de me le faire ressentir avec autant d’évidence.



Sur la route
12 juin 2011

Depuis une semaine en France, je baigne dans le plus grand exotisme. Après plusieurs jours à Paris, j’ai pris la route à bord d’une voiture de location, sans destination précise. Parti de Tours en début d’après-midi, me voici ce soir à Beaumont-sur-Sarthe. Il pleut, il fait froid mais ces conditions me ravigotent et me font le plus grand bien par contraste avec la pénible chaleur birmane que j’ai quittée. Sensation étrange et quelque peu grisante que celle de se retrouver étranger en son propre pays. Tout m’est devenu matière à étonnement et je passe une superbe soirée de voyageur de commerce devant ma demi-bouteille de Chinon dans ce petit « Hôtel de la Barque » improbable, baigné de grisaille, parfaitement « simenonien ». Demain, direction Alençon et Rouen. L’aventure est au bout de la route !