Archive pour novembre 2010
Clips
18 novembre 2010

Vus récemment, remarquables, les clips de Mark Romanek suivants : « 99 Problems » (Jay-Z), « Hurt » (Johnny Cash), « Faint » (Linkin Park), qui achèveront de convaincre ceux qui jugeraient encore que le clip musical n’est pas un genre cinématographique à part entière. Voir et revoir les clips de Michel Gondry, Chris Cunningham ou Spike Jonze dans l’excellente collection de DVD « The Work of Director ».



Lectures
14 novembre 2010

J’ai achevé il y a quelques jours « La carte et le territoire », de Michel Houellebecq, qui m’a passablement déçu et ennuyé. Bien qu’étant moins catastrophique que « La possibilité d’une île », il est loin d’arriver au niveau d’ « Extension du domaine de la lutte », des « Particules élémentaires » ou de « Plateforme », qui restent ses meilleurs textes. Alors, évidemment, que ce soit ce livre qui obtienne ce Goncourt couru d’avance (cf. les très justes commentaires de Pierre Assouline) est un peu attristant. Disons que les jurés, coincés aux entournures, ont choisi de réparer une erreur en récompensant une oeuvre passée.
Dans la foulée, j’ai dévoré le diabolique « Shutter Island » de Dennis Lehane – moi qui ne suis pas un grand lecteur de thrillers je dois bien l’avouer. Un livre remarquablement bien fait à tous points de vue. J’aimerais, un jour, pouvoir bâtir un dispositif scénaristique aussi efficace. J’ai du pain sur la planche !



Moebius
11 novembre 2010

Zut, je vais rater l’exposition Moebius à la Fondation Cartier…



Wat Chedi Luang
10 novembre 2010

Il y a à l’entrée du Wat Chedi Luang un arbre immense, l’un des plus hauts qu’il m’ait été donné de voir. J’ignore à quelle espèce il appartient mais il fait l’objet d’une certaine vénération à en juger par les bouddhas et autres objets de culte qui entourent la base de son tronc. On le dirait tout droit sorti d’un dessin animé de Miyazaki (je suis sûr qu’en cherchant bien il recèle une porte). Il va jusqu’à faire de l’ombre aux immeubles voisins.



The Orange Box
9 novembre 2010

Je réside depuis deux jours dans le très conceptuel hôtel Dusit D2 de Chiangmai. Chaque jour, une boîte de plexiglas orange est déposée dans ma chambre. Elle a contient généralement des friandises thaïlandaises colorée mais hier j’y ai trouvé un petit calepin. Chaque soir, je trouve le lit bordé et, déposé sur les draps, un fortune cookie qui contient une prédiction. Le premier soir, je n’avais pas compris ce dont il s’agissait et j’ai avalé la petite bandelette de papier que recélait le biscuit : mauvais présage ? Enfin, le téléphone comporte un « bouton du désir » (desire button) Saurai-je résister à la tentation de le presser ?



Regarder les avions
7 novembre 2010

Au départ de Luang Prabang, au premier étage de ce si minuscule aéroport, je remarque trois enfants de trois tailles différentes, le nez collé contre la vitre, observant les avions qui décollent. A mon arrivée à Rangoun, à la sortie de l’aéroport, c’est une famille entière qui est assise au bord de la route et qui, grâce à l’angle que lui procure une trouée dans la muraille végétale, regarde le ballet des avions comme on va au feu d’artifices. En France, quels enfants s’émerveillent encore d’un tel spectacle ?



Wat Pha Baht Tai
3 novembre 2010

Je suis allé ce matin visiter deux temples côte-à-côte, au sud de la ville. Le Wat Visoun valait surtout par son accumulation, derrière l’autel, de bouddhas en vieux bois, saisis dans la position dite de « L’appel à la pluie ». L’après-midi, j’ai marché jusqu’au petit Wat Pha Baht Tai, à peine mentionné dans les guides. Si l’architecture n’en est pas exceptionnelle, je suis resté longtemps à contempler le fleuve depuis une petite terrasse ombragée. Je me suis même allongé sur un banc de pierre, environné du frottement des bambous l’un contre l’autre. La quiétude y était totale – j’étais seul et les moines faisaient la sieste – et j’aurais pu y rester des heures. Légèrement en contrebas, une manière de sabot chaulé d’un bleu vif renfermait une empreinte du pied de Bouddha, tournée vers le Mékong qui coulait imperturbable.



De l’autre côté du fleuve
2 novembre 2010

Il y a sur la berge opposée à Luang Prabang trois petits temples qui sont ce que j’ai vu de plus intéressant jusqu’ici, la ville en soi mettant un peu trop en scène à mon goût ses charmes, qu’il faut partager avec de trop nombreux touristes, français pour la majorité. Le bateau à moteur m’a déposé en contre-bas du village de Xieng Maen et de son joli temple. J’ai rejoint par un chemin de terre les escaliers qui montent vers le petit Wat Chom Phet, au bas desquels une jeune villageoise m’a vendu un billet pour 5.000 kips. Au sommet du monticule, j’ai trouvé une mue de serpent contre un petit stûpa délabré. Deux jeunes moines, portant la robe orange et la ceinture de tissu jaune que l’on trouve ici, m’observaient en silence. A l’intérieur de la chapelle, des bras de bois étaient déposés contre la statue du Bouddha, à demi dissimulé dans la pénombre. Une fenêtre ouverte sur le fleuve projetait sur les dalles un rai de lumière où dansait la poussière. Revenu sur la plateforme, je pouvais embrasser cette belle vue sur les montagnes, alors que soufflait un vent léger qui agitait les feuilles comme des clochettes. Redescendu, j’ai poursuivi le petit chemin jusqu’au complexe de Long Khun. Le bâtiment principal renferme de superbes peintures murales représentant le Jataka Mahavessandara, dans des couleurs encore vives. Un petit garçon m’a conduit dans la grotte Tham Xieng Maen, où le faisceau de ma lampe de poche n’a saisi que des morceaux de bois moisis, des têtes rongés, des membres tronqués, ce qui fut jadis, avant que l’humidité ne fasse son office, des bouddhas.



Un roi proustophile
1 novembre 2010

Dans le palais royal de Luang Prabang, face à une collection de masques du Ramayana, une vitrine contient tous les volumes de la « Recherche » reliés pleine peau aux initiales du roi Sisavang Vatthana. Voilà un souverain éclairé ! Derrière, la colline Phu Si et le petit stûpa qui la coiffe offrent une jolie vue sur les boucles du Mékong. Le Wat (temple) Xieng Thong est bien charmant, comme l’indiquait mon guide, surtout par une belle lumière de fin d’après-midi, quand le soleil au plus bas embrase les mosaïques de l’Arbre de vie. Il est par ailleurs très agréable de longer les quais au flanc sud de la péninsule, sur la rue Kingkitsarat, malgré l’affluence des touristes, à laquelle je ne suis plus habitué. Si Vientiane a quelque chose de Vichy, Luang Prabang tient des Baux de Provence : restaurants et boutiques de souvenirs y sont omniprésents. Une incursion salutaire dans une minuscule venelle me permet de traverser des courettes plus populaires, parmi les écoliers plongés dans leurs devoirs et les femmes qui font griller d’alléchantes petites brochettes sur des braséros de fortune.